Foire aux questions

Renseignements généraux sur les temps d’attente

Qu’est-ce qui cause les temps d’attente ?

De nombreux facteurs contribuent aux temps d’attente, y compris la demande croissante de soins et une offre insuffisante de services. L’augmentation de la demande peut être attribuable à des facteurs comme les changements démographiques (p. ex., une population âgée de plus en plus nombreuse ou un nombre croissant de jeunes familles) ou la disponibilité de nouvelles technologies. Une fois les temps d’attente réduits, il peut arriver que les médecins dirigent un plus grand nombre de patients vers un traitement auquel il est devenu plus facile d’accéder. Dans le cas de certains services, les temps d’attente ne se sont pas améliorés, mais le nombre de patients traités a augmenté.

Les questions liées à l’offre qui peuvent contribuer aux temps d’attente comprennent : le manque de médecins, d’infirmières et de techniciens; le manque de temps en bloc opératoire; le manque de services non médicaux pour soutenir les patients après une chirurgie (p. ex., soutien d’un patient qui doit recevoir des soins à domicile); et le manque d’autres services mieux appropriés pour les patients (p. ex., hébergement et soutiens sociaux ou prestation de soins plus proches des patients pour éviter les visites inappropriées à l’urgence).

Comment mesure-t-on les temps d’attente ?

Les provinces ont fait des efforts pour uniformiser la façon dont les temps d’attente sont calculés au Canada, mais certaines différences persistent (p. ex., le moment où le médecin présente une demande de chirurgie et le moment où l’hôpital réserve une date pour cette chirurgie peuvent différer).

La plupart des temps d’attente mesurés au Canada et ailleurs ont été axés sur l’attente d’une chirurgie, c’est-à-dire le temps d’attente à partir du moment où un patient et son médecin décident qu’un traitement est nécessaire et le début du traitement. Toutefois, une personne peut aussi avoir à attendre pour voir un médecin de famille, subir des tests de dépistage et voir un spécialiste auquel il a été référé. La somme de tous ces temps d’attente peut finir par représenter une longue attente pour le patient, ce qui explique pourquoi des stratégies sur les temps d’attente sont nécessaires tout au long du cheminement du patient.

Est-ce qu’une augmentation du financement améliore les temps d’attente en soins de santé ?

Bien qu’un certain financement soit nécessaire pour éliminer les arriérés existants dans le système, le véritable problème ne réside pas dans le financement même. Nous réussirons à améliorer les temps d’attente lorsque nous aurons mieux compris ce que les fonds existants achètent pour le système de santé. Souvent, le gaspillage dans le système découle de son fonctionnement sous-optimal. L’adoption de techniques de recherche opérationnelle, comme la théorie des files d’attente, pourrait améliorer les processus.

Afin d’améliorer la santé de la population et l’expérience des soins de santé vécue par les patients, et d’optimiser davantage l’utilisation des ressources consacrées au système de santé, nous croyons qu’il faut transformer le système.

Les patients, les médecins et tous les fournisseurs de soins de santé doivent travailler ensemble et participer au processus décisionnel. Il en découlerait une amélioration des décisions portant sur les politiques publiques en matière de santé.

Quelles sont les garanties sur les délais d’attente pour les patients ?

Au printemps de 2007, le gouvernement fédéral a offert aux provinces et territoires un financement supplémentaire (jusqu’à 612 millions de dollars) pour qu’ils s’attaquent aux temps d’attente. Pour avoir droit à ces fonds, les provinces et territoires devaient publiquement s’engager à établir une garantie sur les délais d’attente pour au moins un traitement, une intervention ou un diagnostic indiqué dans l’Accord sur la santé de 2004 (soins du cancer, soins cardiaques, arthroplastie, imagerie diagnostique et rétablissement de la vue). Ces garanties comprenaient deux composantes : un délai prescrit et l’accès à d’autres options de soins si les temps d’attente dépassaient le délai prescrit.

Qu’est-ce qu’on entend par un autre niveau de soins (ANS) ?

Même s’il n’y a pas de définition universelle, l’expression autre niveau de soins (souvent appelé simplement ANS) est utilisée couramment pour désigner un patient qui continue d’occuper un lit d’hôpital de soins actifs même après qu’il soit assez bien pour qu’on s’occupe de lui ailleurs, selon sa situation.

Les taux élevés de patients d’ANS ont de nombreuses causes, y compris le manque de moyens de soutien communautaires pour à la fois prévenir des hospitalisations d’ANS et ramener les patients dans un contexte plus approprié après qu’ils ont reçu des soins en milieu hospitalier (c.‑à‑d. chez eux avec les moyens de soutien appropriés, ou dans un centre de services pour bénéficiaires internes). Les patients en attente d’un ANS (ou patients ANS) sont réputés être assez bien pour être traités ailleurs, selon leur situation. Les patients ANS ont un impact sur l’accès aux lits de soins actifs, dont le nombre est limité et dont on a besoin pour les patients admis par l’intermédiaire du service d’urgence ou qui viennent de subir une chirurgie. En moyenne, un patient ANS au service d’urgence bloque l’accès à quatre autres patients à l’heure. Les taux élevés de séjours de patients ANS ont aussi des répercussions sur les interventions chirurgicales prévues. À cause d’un manque de lits disponibles pour les patients après une intervention, les patients ANS peuvent provoquer l’annulation à la dernière minute de nombreuses interventions chirurgicales prévues, ce qui allonge encore davantage les temps d’attente pour les patients.

Il n’y a pas de définition nationale normalisée et c’est pourquoi il est difficile de comparer les taux dans l’ensemble du pays.

Points de repère sur les temps d’attente

Qu’est-ce qu’on entend par un point de repère sur les temps d’attente médicalement acceptables ?

Un point de repère est la période maximale cible pendant laquelle un patient devrait attendre pour une intervention, un traitement ou un test particuliers. Au-delà de ce délai maximal, il a été prouvé que l’attente a probablement des effets nuisibles sur la santé du patient. On peut considérer les points de repère comme des objectifs de rendement pour le système de santé du Canada. En d’autres termes, si notre système fonctionne bien, les Canadiens devraient pouvoir être traités dans les délais indiqués.

Comment les points de repère sur les temps d’attente médicalement acceptables sont-ils établis?

Les points de repère de l’Alliance sur les temps d’attente sont créés par des sociétés de spécialistes de la médecine qui se fondent sur les meilleures données probantes disponibles et un consensus clinique. Dans bien des cas, ils indiquent un temps d’attente maximal acceptable pour une intervention, un traitement ou un diagnostic. Par conséquent, il ne faut pas les considérer comme des normes ou des temps d’attente idéals. En outre, les points de repère peuvent changer à mesure qu’on analyse d’autres données et que la technologie et les besoins de santé de la population évoluent.
 

Est-ce que l’Alliance sur les temps d’attente et les gouvernements provinciaux et territoriaux s’entendent sur les points de repère ?

Dans certains domaines, les points de repère provinciaux et territoriaux sont moins exigeants que ceux de l’Alliance sur les temps d’attente. Par exemple, les gouvernements disent qu’un patient atteint d’un cancer ayant besoin de radiothérapie devrait être traité dans un délai de 28 jours, alors que l’Alliance sur les temps d’attente est d’avis que ces patients ont besoin de ces soins dans un délai de 14 jours. L’Alliance sur les temps d’attente fonde ses points de repère sur le vaste consensus des médecins concernant les temps d’attente médicalement raisonnables pour les services de santé fournis aux patients.

Bulletins de l’Alliance sur les temps d’attente

Pourquoi tous les traitements ou interventions ne sont-ils pas inclus dans les bulletins ?

Tout en reconnaissant que les interventions et les traitements sont tous importants, l’Alliance sur les temps d’attente demande chaque année à ses membres de choisir les traitements à inclure dans son bulletin sur les temps d’attente en fonction des critères suivants :

  • Un traitement qui touche le nombre le plus élevé de patients ou produit le rendement de l’investissement le plus important.
  • Un traitement pour lequel il serait possible de réduire considérablement les temps d’attente en augmentant simplement et directement la capacité d’un élément de technologie ou du personnel.

On peut voir tous les points de repère établis par l’Alliance sur les temps d’attente ici.

Comment calculez-vous les notes attribuées dans chaque bulletin ?

En se fondant sur l’information contenue sur les sites web officiels des gouvernements provinciaux, l’Alliance sur les temps d’attente attribue une note au rendement des provinces de la façon suivante :

 A+ : 90 à 100 % de la population traitée en-deçà du point de repère

 A : 80 à 89 % de la population traitée en-deçà du point de repère

 B : 70 à 79 % de la population traitée en-deçà du point de repère

 C : 60 à 69 % de la population traitée en-deçà du point de repère

 D : 50 à 59 % de la population traitée en-deçà du point de repère

 F : Moins de 50 % de la population traitée en-deçà du point de repère

Pour les professionnels

Comment puis‑je m’engager ?

Pour travailler avec l’Alliance sur les temps d’attente, communiquez avec votre société nationale de spécialité.

Quel effet la collecte de données sur les temps d’attente a-t-elle sur moi ou ma clientèle ?

On ne peut pas gérer ce qu’on ne peut pas mesurer. La collecte et le partage d’information sur les groupes de patients qui attendent pour obtenir les soins dont ils ont besoin et la durée de leur attente sont une première étape importante pour élaborer des stratégies sur les temps d’attente. L’Alliance sur les temps d’attente aide les gouvernements provinciaux à obtenir ces données. Lorsque nous aurons une meilleure idée de la situation, nous pourrons commencer à nous concentrer sur le cheminement global des patients dans le système de santé et les nombreuses attentes auxquelles ils font face en cours de route.