Les recommandations de l’ATA

Pour améliorer les temps d’attente au Canada au cours de la prochaine décennie, l’Alliance sur les temps d’attente recommande ce qui suit :

Mettre en œuvre une charte des droits et responsabilités

Les gouvernements du Canada mettent en oeuvre une charte des droits et des responsabilités comportant des objectifs et des garanties exécutables sur les temps d’attente maximaux pour les patients qui veulent avoir accès aux soins en temps opportun. L’Angleterre et l’Écosse ont de telles chartes tandis que d’autres pays comme la Finlande et le Danemark ont des garanties exécutables de délais d’attente pour les patients. Cette charte s’appliquerait aux patients, aux fournisseurs de soins, aux bailleurs de fonds et aux organisateurs des soins. Elle exigerait de solides mécanismes de soutien comme des ressources financières et humaines afin de garantir la reddition de comptes et le suivi du rendement. L’Alberta est la première province à prendre des mesures afin de mettre en oeuvre une charte de la santé.

 

Chercher des alternatives au problème d’autre niveau de soins

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux devraient collaborer avec des parties prenantes pour élaborer une stratégie pancanadienne pour les aînés, dans le but de régler les problèmes suivants :

  1. Le nombre croissants de patients en attente d’un autre niveau de soins (ANS), dont plusieurs sont atteints de démence ou autre problème de santé chronique
  2. La pénurie d’options de logement en établissement et dans la communauté pour les personnes âgées

La mesure la plus importante à prendre afin d’accélérer l’accès aux soins spécialisés en temps opportun pour la population canadienne consiste à s’attaquer au problème des ANS avec l’appui notamment d’un plan national de lutte contre la démence. La stratégie devrait aussi tenir compte de la façon d’intégrer des options de services résidentiels plus flexibles répondant mieux aux besoins des personnes âgées.

 

Mettre en œuvre des stratégies pour faire une meilleure utilisation de l’infrastructure chirurgicale

Les gouvernements, les régies régionales de la santé et les administrateurs d’hôpitaux, de même que les fournisseurs de soins de santé, mettent en oeuvre des stratégies afin de mieux utiliser l’infrastructure chirurgicale (ressources matérielles et humaines de la santé), notamment en utilisant mieux les infrastructures de la santé inexploitées dans les hôpitaux
communautaires et les régions rurales. Un facteur qui contribue souvent aux temps d’attente, ce n’est pas tant le manque de temps au bloc opératoire que la façon d’utiliser l’infrastructure existante. Les soins médicaux spécialisés sont en grande partie tributaires d’installations du contexte institutionnel de soins de santé comme les hôpitaux et leurs ressources, ce qui inclut les salles d’opération et les lits d’hôpitaux. Afin de contrôler les coûts, on réduit souvent des ressources comme le temps en salle d’opération.

 

Établir un partenariat entre des dirigeants provinciaux qui s’occupent des temps d’attente, l’ICIS’ les sociétés nationales de spécialité et les patients

On établisse, entre les dirigeants provinciaux des temps d’attente, l’ICIS, les sociétés nationales de spécialistes et les patients, un partenariat pour :

  • définir une vision commune de la raison d’être, de l’utilisation et des avantages de la collecte des données sur les temps d’attente
  • surveiller les efforts visant à améliorer la qualité et l’adoption des données sur les temps d’attente pour un éventail complet des soins
  • déterminer comment appuyer comme il se doit les efforts de collecte des données

L’ATA a commencé à travailler avec ces groupes et nous avons apprécié leur volonté de collaborer davantage à des stratégies de réduction des temps d’attente.

 

Le gouvernement fédéral devrait être un partenaire actif de l’amélioration de l’accès en temps opportun

Le gouvernement fédéral doit collaborer activement avec les provinces et les territoires et avec d’autres parties prenantes pour accélérer l’accès en temps opportun, puisque la tâche d’assurer à tous les Canadiens l’accès en temps opportun aux soins médicaux nécessaires constitue un enjeu national et étant donné le coût élevé de l’attente, tant pour les familles que pour les gouvernements. On constate actuellement des lacunes importantes au niveau de l’accès en temps opportun à un vaste éventail de soins d’un bout à l’autre du Canada. D’autres pays dotés d’un système universel de soins de santé hautement performant ont souvent adopté une démarche nationale pour garantir l’accès aux soins en temps opportun.

Afin d’assurer que tous les Canadiens auront accès en temps opportun aux soins médicaux dont ils ont besoin, l’ATA exhorte le gouvernement fédéral à continuer d’appuyer les efforts déployés pour fournir des soins en temps opportun aux Canadiens en jouant trois rôles de premier plan.

Le gouvernement fédéral comme chef de file et facilitateur

  • Élabore, en collaboration avec les intervenants du système, une stratégie nationale pour les aînés et une stratégie nationale sur la démence.
  • Fournisse à l’Institut canadien d’information sur la santé un financement soutenu pour lui permettre de poursuivre son travail qui vise à :
    • normaliser à l’échelle nationale les données sur les temps d’attente pour toutes les étapes de l’attente totale que connaissent les patients;
    • créer des mesures nationales de rendement du système de santé comportant des indicateurs d’accès en temps opportun dans tout le continuum des soins qui seraient appliquées à tous les Canadiens, y compris aux patients relevant de la compétence fédérale.
  • Fournisse un appui soutenu à une stratégie nationale de planification des ressources humaines du secteur de la santé visant à garantir des ressources suffisantes afin d’appuyer un système de santé viable partout au Canada.

La nécessité pour le gouvernement fédéral de favoriser la recherche en santé

  • Lance une deuxième phase de l’Initiative nationale sur les temps d’attente qui s’appuierait sur le travail effectué et les connaissances acquises en la matière au cours de la dernière décennie pour appuyer un meilleur rendement du système.
  • Continue à accorder du financement aux Instituts de recherche en santé du Canada et à la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé afin d’appuyer la recherche et des stratégies de mise en œuvre visant la réduction et la gestion des temps d’attente.

Le gouvernement fédéral comme diffuseur de connaissances et collaborateur

  • Soutienne financièrement des projets ou des initiatives qui contribuent à la diffusion de pratiques canadiennes et internationales de premier plan en matière de réduction et de gestion des temps d’attente.
  • Établisse un fonds d’infrastructure de la santé pour promouvoir une meilleure utilisation de l’infrastructure chirurgicale existante au Canada (ressources matérielles et humaines de la santé) et l’adoption d’une infrastructure communautaire afin de répondre à la demande accrue de soins fournis en dehors des établissements de soins actifs.